Exemplaire annoté - Origène, 1512

RV8

PROTESTANTISME

ORIGÈNE ANNOTÉ AU XVIe PAR UN LECTEUR MARQUÉ PAR LA RÉFORME

EXEMPLAIRE ANNOTÉ

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ORIGENE, (ORIGENES),

Explanatio Origenis Adamantii presbyteri in Epistola Paulii divo Hieronymo interprete

Venise, Bernardino Benali, 1512.

In-folio, collation : LXXXVII ff., 1 f. bl. Cartonnage italien moderne (gardes renouvelées, mouillure claire aux ff. VIII-XVI, dos bruni, petits travaux de ver, petit manque de papier en marge du f. XV). Dimensions : 316 x 208 mm.

Rare première édition parue sous le nom d’Origène du commentaire de l’Epître aux Romains de St Paul. Belle impression gothique vénitienne sur deux colonnes. L’exemplaire est largement annoté par un lecteur des années 1520, marqué par la Réforme protestante. On peut relever ici au moins deux grandes campagnes d’annotation (une en brun, l’autre d’une encre ocre-orangée). Le lecteur n’a guère été arrêté par cet auteur encore sulfureux dont on discutait alors de l’éventuelle damnation. Le « retour » d’Origène a été particulièrement prégnant en Italie du Nord et en Toscane au tournant des XVe-XVIe s. Pic de la Mirandole a été pour beaucoup dans ce mouvement : une des 900 thèses qu’il s’était proposé de défendre consistait à trancher s’« il est plus raisonnable de croire Origène sauvé que de le croire damné ».

Plusieurs des manchettes manuscrites mettent ici en exergue des thématiques propres à la pré-Réforme. Au f. 44v, l’annotateur relève successivement le baptême, la Résurrection et au f. 45 se demande si le sacrifice de Christ est accompli une fois pour toutes ou s’il doit être réitéré. Il est également préoccupé par la question du libre arbitre, un marqueur de sensibilité pré-réformée ("libertas arbitrii semper futura", f. 45 v°) et y fait référence en renvoyant au Libellus de arbitrii libertate d’Orose (f. 61v). On trouve, dans le même sens, la thématique de la justification par les actes ou par la foi dans deux manchettes du f. 64r : justitia ex lege/justitia ex fide, et sur le même feuillet : « la foi est morte sans les œuvres ». Il ajoute encore que « le Christ même maintenant parle à tout le monde » (f. 65r), sous-entendu sans médiation de l’Eglise. Il faut aussi ajouter une remarque comme "Qu’un prophète a moins de gloire que le Christ" (f. 26r : "Quod gloria Moysi deservatur ex comparatione gloriae majoris"). Une note manuscrite sur l’hérésie des Marcionistes qui avaient rejeté l’Ancien Testament (f. 7r) (Marcionistae vetus instrumentum abjicerant) fait apparaître l’expression « instrumentum » pour désigner le Testament. Cette expression fut popularisée par Erasme et cela permet certainement de dater les notes de peu après 1516, année qui vit la parution du Novum instrumentum à Bâle. Quelques notes donnent des références bibliques : au chap. 10, f. LXV, une référence à l’Epître aux Corinthiens : « locus ad Corinthios » ou la généalogie du Christ dans st Matthieu (« Matthaeus 13 generationes praetermisit »).

L'annotateur propose également certaines corrections textuelles : "non esse" corrigé en "nos esse" (f. XXXV r). Il formule aussi parfois des considérations morales : ainsi au f. 3r où il écrit « la liberté dans ce monde est dans le service » ("libertas in hoc mundo in servitio") et se montre attentif aux passages sur la circoncision, notamment symbolique : il souligne le passage d’Origène indiquant que les Catéchumènes ne sont pas circoncis (f. 14r) et note les différentes formes symboliques de circoncision : le baptême (f. 14r), la « circoncision » (=purification) des lèvres (f. 16r) et l’abstinence de consommation de viandes (f. 16r).

Important exemplaire annoté par un lecteur marqué par la Réforme protestante